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Histoire

LIERNEUX, connue en 667 sous l'étymologie Ledernao ou Lethernaco, en 862 Ledernaus du latin Ledernavus "endroit sur la Lienne" ou Lederna, nom d'origine celtique.
BRA depuis le XIIème siècle, auparavant Brastis depuis l'acte de donation de 746.
ARBREFONTAINE depuis 1713, Albam Fontanam en 666, Albam Fontem en 814, la blanche fontaine.

Lierneux et Bra, toujours liées

C'est en l'an 747 que Carloman, Maire du Palais sous le règne de Childeric III, restitue à Anglinus, Abbé de Stavelot, le village de Lierneux composé de 46 manses, d'une chapelle et d'une manse seigneuriale, ainsi que ses dépendances de Bra, celle-ci prenant son indépendance paroissiale au IXème siècle avant d'être restituée à la Principauté de Stavelot en 1103 par Anselme de Bra, homme libre partant pour la Hongrie. En 1128, après bien des luttes qui opposèrent les religieux de Stavelot aux bénéficiers laïques de Bra, le successeur de Poppon II donna cette église en engagère à Evrard, Seigneur d'Izier qui devint vassal de l'Abbaye.

Aux XII et XIIIèmes siècles, Lierneux et Bra paraissaient définitivement intégrés au domaine de St-Remacle après d'incessants bouleversements dus aux donations, rétrocessions et échanges ordonnés par les souverains mérovingiens et carolingiens.

Le recensement de 1365 cite Lierneux et ses dépendances de Langierva (Lansival), Gyvegny (Jevigné), Baneu (Baneux), Kedovanz (Ecdoval), Hyerlo (Hierlot), Herviva (?), delle Vauz desoz Lierna (la Vaux), Reuharmot (Reharmont), Bruy (Bru), Chièvremot (Chèvremont), Sarthe (Sart), Vermeillomot (Verleumont), le Falise (La Falize) et Odrmot (Odrimont).

Au XVIème siècle, le ban de Lierneux s'agrandit mais en 1524, il n'est plus fait mention de Chièvremot ni de Herviva.

En 1620 Les terres de seigneurie du ban de Lierneux sont données à Pierre Huart, avant d'être rétrocédées à la manse abbatiale en 1636.

Les hérétiques semblent peu nombreux mais, de la vague de répressions qui accabla les villages relevant de la cour de Bra de 1604 à 1637, on retiendra qu'en mai 1617 fut prononcée la condamnation au bûcher de Catherine, épouse de Colas Le Queulx des Villettes, coupable d'avoir renye le bon dieu en accointances charnelles avec l'ennemy du genre humain este aux danses et assemblees des diables.

Les bûchers de Bra se profilent sur un paysage de combats, de pillages et de violences : la guerre du Trente ans.

Le XVIIème siècle est un temps impitoyable : les lorrains pillent Lierneux qui subit ensuite, au XVIIIème siècle, les conséquences de la guerre de sept ans qui oppose la France et l'Autriche à la Prusse. En 1759, le régiment de Sainte-Aldegonde loge à Lierneux.

En 1793, les Lognards dont on connaît l'ardeur républicaine réunissent une assemblée révolutionnaire : si Lierneux s'abstient, Bra de son côté ne semble pas opposée à l'annexion à la France mais finalement trente-sept manants osent protester contre.

Le XIXème siècle est fortement modelé par les évènements que sont la révolution, le machinisme et le régime parlementaire mais cette époque est encore celle des notables.

Arbrefontaine

Moines de Stavelot et Rois Francs, puis Maires du Palais de Lierneux furent les premiers à se partager les domaines de l'une et l'autre rive. Le village est en effet traversé par le Wez qui se jette dans la Lienne et qui a joué un rôle dans la délimitation des territoires. La rive droite dépendait du domaine de Stavelot depuis 666, la rive gauche n'en a fait partie qu'après 746.

Le Comté de Salm, fondé en 1035, convoita l'ensemble et se l'appropria par violence, disent les uns, par accord avec les moines, disent les autres. Cela se passa au cours du XIIIème siècle.

L'érection officielle de la Paroisse eut lieu en 1628, après des décennies de querelles entre les Princes-Evêques et les Comtes de Salm. Si en 1589 on cite St-Antoine comme patron de la chapelle, elle est déjà dédiée à St-Maurice en 1620.

Sous la République française (an III), le village est inscrit au canton de Vielsalm, département de l'Ourthe et passe en l'an VIII sous l'arrondissement communal de Malmedy.

Le 12 septembre 1814, il dépend du département de Meuse et Ourthe, le 2 octobre 1815 il est compris dans la province de Liège puis en 1818 dans celle du Luxembourg avant de revenir à Liège à la fusion des Communes au 01.01.1977.

Des fouilles archéologiques..

L'absence de sources écrites ne doit pas nous faire négliger la probabilité d'habitats gallo-romains, voire pré-romains : la découverte en 1974 d'un éclat de silex taillé sur le site médiéval d'Ecdoval devrait nous faire réfléchir à la possibilité de tels implantations à l'époque néolithique.

D'autre part, des fouilles effectuées en 1976 aux fortifications du Gros-Thier à Salmchâteau ont conclu à l'existence d'un site datant du second âge du fer (entre 470 et le début de notre ère).

Le cimetière découvert en lieu-dit Pesay à Provedroux serait situé aux limites du domaine gallo-romain qui coïncideraient avec celles de la commune de Lierneux avant la fusion. Ce cimetière n'a livré que quelques instruments de fer, des urnes cinéraires et des poteries. On croit, vu la pauvreté du mobilier recueilli, être en présence de tombes de carriers.

Derrière La Chapelle, en lieu-dit "Ham des Vais" (han des veaux), nous avons découvert une tombe d'enfant datant de la première moitié du XIVème siècle.

A Ecdoval encore, à la lisière du bois de Groumont, ont été trouvés plusieurs milliers de tessons, deux fusaïoles, preuves d'une occupation très active du site, sans doute postérieur à celui de La Chapelle.

Un grand de chez nous : Henri-Joseph RUTXHIEL (1775-1837)

Baptisé à Lierneux le 4 juillet 1775, ce sculpteur, élève de Defrance et de Houdon, jouit en son temps d'une enviable renommée.

Fils du cordonnier de Lierneux, il passait son temps à tailler des figurines dans le bois, tout en gardant les quelques vaches de la famille. Bien que ne possédant que son couteau pour outil, il acquit dans ce menu travail une si grande habilité qu'un jour un pharmacien de Stavelot qui avait entendu parler de lui, lui commanda son enseigne, sans doute le classique serpent qui se mire dans sa coupe (caducée peut-être).

Plus tard, un Verviétois nommé Fromenteau passa par là, avisa ce berger, nouveau Giotto qui consacrait à l'art ses loisirs forcés. Amateur, il acheta au jeune Rutxhiel la canne que celui-ci avait ornée de fleurs sculptées. Rentré chez lui, il parla de cette découverte qui parvint aux oreilles de Desmousseaux, préfet du Département de l'Ourthe (alors nom de la Province de Liège) pour lequel il obtint une bourse et dont il fut le protecteur à Paris où il entra à l'atelier de Houdon (1741-1828).

En 1809, il remporta le premier Grand Prix de Rome avec un bas-relief représentant Dédale et Icare. Il se rendit à Rome et y connut Ingres (1780-1867) avec lequel il se lia d'amitié et qui fit son portrait. Rentré à Paris, il fut le sculpteur à la mode. Il produisit notamment le buste de Napoléon, de Lalande, de Monge, de l'Empereur de Russie, de Marie-Antoinette, de Louis XVI, de Delille, de Wellington, de Charles X et le buste du Roi de Rome qui lui valut le titre de sculpteur des Enfants de France. Il fit aussi le buste de Grétry, la statue de Bossuet ainsi que les bas-reliefs de la colonne de Vendôme. Il mourut membre de l'Institut et Directeur de l'Académie.